She forgot to pray for the angels – Part 1

15 11 2009

Little GirlElsa aimait se promener dans la forêt. Seule, de préférence.

Cela fait maintenant deux ans que ses parents la laissent s’y promener comme une grande, vagabonder comme elle le souhaite. Désormais âgée de huit ans, elle sait se déplacer avec aisance dans ces bois. Pendant la première année, elle voulut conquérir les arbres, les plantes et toute la vie qu’ils accueillent. Mais de nombreux obstacles se dressèrent devant elle.

D’apparence sombre et inquiétante, les premiers chênes de la forêt formaient une imposante muraille à l’extrémité du jardin, que l’on aurait cru parfaitement hermétique.
Il était difficile de pénétrer ce vaste rempart, mais au milieu s’y cachait comme une fissure, masquée par de larges branches feuillues, suffisamment large pour laisser un adulte passer du monde civilisé à celui de la nature sauvage. Tel était le passage secret d’Elsa. Et si au départ elle fut effrayée à l’idée même de le traverser, si le contraste entre l’air frais de son jardin et l’atmosphère humide de la vieille forêt lui glaçait le sang, elle était désormais confiante, maîtresse d’elle-même.

Elsa n’a jamais été comme toutes les autres petites filles. Elle n’était pas vraiment du genre à se faire remarquer pour son intelligence, ni même pour quoi que ce soit de convenu. Tout simplement, bien que cela demeure incompréhensible, elle dégageait quelque chose d’unique.
Son teint pâle, ses longs cheveux sombres glissant délicatement le long de ses traits, son regard innocent, introspectif, ses délicates mains paraissant toujours plus lisses, plus propres ; rien en elle ne laissait son entourage et ses professeurs indifférents. Sans parler de son attitude avec les autres Hommes.
Hormis ses parents avec lesquels la communication n’était pas un problème, Elsa était très fermée aux autres. Et lorsque le contact était forcé de manière un peu trop abrupte, souvent elle devenait imperméable au monde réel, et parfois elle se mettait à intensément fixer son interlocuteur, inexpressive, sans ciller un instant, ce qui ne manquait jamais d’être considéré comme un grave trouble psychologique.
D’autant plus que la jeune fille paraissait dotée d’une sensibilité hors du commun. Il lui arrivait parfois de dessiner des formes abstraites, parfois tourbillonnantes, parfois saccadées et d’autres fois encore parfaitement incohérentes, qu’elle semblait considérer comme la douleur ou les émotions de certains arbres, de certains animaux. Elle refusait systématiquement d’expliquer quoi que ce soit, se contentant d’accumuler ses étranges œuvres au fil du temps, sans jamais en jeter une seule.
Chaque gribouillage était unique, au caractère marqué, toujours différent.

La forêt qui lui faisait autrefois si peur était devenue son sanctuaire. Dans la campagne où elle vivait, nul risque de croiser quiconque dans ces vieilles terres oubliées. Pourtant, et ce qui fit craindre le pire à ses parents, lors de ses premières excursions en solitaire, elle revenait plus enjouée que jamais, parlant des heures d’amis qu’elle avait pu se faire, qui lui apprirent l’histoire de la forêt et des arbres la composant. Plus inquiétant encore, elle était capable de situer de grands évènements historiques, comme les batailles de la Révolution qui avaient eu lieu dans cette région et affecté le cadre, notamment la faune et la flore.
Afin d’être sûr que leur fille n’était victime que de sa propre imagination, particulièrement fertile et cohérente pour son jeune âge, ses parents l’accompagnèrent à plusieurs reprises dans les bois ; promenades durant lesquelles la petite fille jouait sagement, seule, sans dire mot. La seule étrangeté qu’ils purent détecter fut qu’elle se retournait systématiquement une fois la muraille de chênes passée, et agitait la main en signe d’au-revoir, les yeux rivés sur la forêt.





My burning mind is showing me psychedelic visions

9 11 2009

Crowd

Il est paradoxal de ressentir de la mélancolie pour un monde que l’on n’a pas connu, et dont on ignore l’existence. Plus encore, il est ridicule, semblerait-il, d’attendre le messie, le guide inespéré, qui saura nous guider vers le bonheur.

Qu’est ce que l’on voit du monde actuel, si ce n’est sa misère, ses soucis politiques, ses discours consensuels, sa chute libre incontrôlée vers un avenir plus sombre encore ?

Qu’est ce que l’on voit lorsque l’on se considère comme un point infime dans un monde aux proportions que nous ne parvenons même pas à visualiser ?

Plein de points noirs sur une toile blanche, à peine conscients d’exister les uns à côté des autres, incertains des motifs les ayant placé à cet endroit précis, à ce moment précis, si compte est que l’ils se déplacent dans le temps. A leur échelle, tout semble figé.

Qui arrive à voir, en croisant quelqu’un d’autre, la même intensité, la même existence complexe que la sienne ? On ne croise que des enveloppes, sans jamais pouvoir comprendre ce qui les anime.

Un monde dans lequel chacun connait sa place et son rôle n’existe pas, sauf si l’on se l’invente. On s’invente d’ailleurs le monde que l’on veut, c’est plus facile, et on y crée nos propres règles déréglées, arbitraires. Par le jugement, on dénature tout. Notre monde se résume à ce que l’on voit, et aux interprétations que l’on donne à ces informations.

L’homme qui vit juste à côté de nous, qui se lève tous les jours à la même heure, qui ne vit que pour continuer à vivre, qui vit chaque jour la même routine ; cet homme là peut-il avoir l’énergie de voir plus loin que ce quotidien qui l’isole ? Parvient-il à s’extirper de son univers pour toucher du bout des doigts quelque chose de différent, et saisir la complexité du monde ?

Vous et moi, y parvenons-nous ? Peut-on simplement réussir à se projeter dans un autre état, à saisir l’essence d’autres vies, à ressentir ce que d’autres expériences, apparences et attitudes peuvent procurer ?

Chacun d’entre nous croise des milliers d’autres hommes et d’autres femmes, des milliers d’autres pensées auxquelles nous ne penserons jamais.





Vers la dictature de l’actrice porno ?

13 10 2009

Megan FoxJ’en avais déjà parlé rapidement il y a longtemps, et je trouve toujours que les critères de beauté actuels sont chargés d’une forte connotation sexuelle. Qu’à cela ne tienne me direz-vous, au moins, même si c’en est l’opposé diamétral, ce n’est pas plus caricatural que l’amour éternel et inaliénable véhiculé, entre autre, par le théâtre classique et notamment par Roméo et Juliette.

Oui, mais non. Car ce n’est une nouvelle pour personne, l’industrie de masse tend à véhiculer une culture de masse, facilement accessible (pubs, films, enfin tous les médias quoi…)et fortement aliénatrice pour qui n’est pas en mesure de se positionner face à ce « modèle ». En gros, les ados encore malléables ne vont pas se poser de questions et se dire « si tout le monde trouve que les actrices de cul sont les nouveaux modèles d’esthétique, c’est que c’est vrai ».

Si je pense à ça et que j’éprouve le besoin de poster un billet à ce sujet, c’est qu’à mon grand dam, j’ai regardé Transformers 2, film tout public à gros budget qui, malgré le fait qu’il soit un bon gros navet scénaristique, explose les box-office quand il arrive au cinéma.
Sans révéler quoi que ce soit de la trame filiforme du film, voici à peu près ce qui se déroule sous nos yeux pendant deux heures. Tout commence dans une Amérique proprette où le soleil brille, où les oiseaux chantent et où le monde a été sauvé par un adolescent pré pubère qui n’a pas grand-chose pour lui. Le héros est donc une tâche à laquelle, techniquement, on ne devrait pas avoir de s’identifier. Or, il fallait bien faire du chiffre et attirer du jeune en rut, et donc introduire dans ce décor bateau une fille canon normalement inaccessible, d’autant plus par le loser de perso principal.
Or, une fois de plus, histoire de vendre du rêve bas de gamme, il s’avère que si, le héros parvient  à la séduire, suite à ces affinités particulières avec une espèce mécanique extraterrestre. Intéressant, n’est ce pas ?

La bombasse du film n’est autre que Megan Fox, qui actuellement fait beaucoup parler d’elle avec Jennifer’s Body, un film, comme le titre l’indique, essentiellement basé sur le physique de l’actrice (si vous lisez le pitch vous risquez de bien vous marrer).
Si l’on s’intéresse de plus prêt à cette créature de rêve moderne, on se rend compte qu’en fin de compte, entre ses rôles et ses élocutions publiques concernant, notamment, sa vie sexuelle, la jeune demoiselle parvient avec facilité à s’apparenter à une dingue de cul qui prend son pied à faire vibrer la gente masculine et féminine. Et là je vous demande :

Comment ne pas tomber amoureux d’une fille si charmante, et d’autant plus si subtilement séduisante ?

Eh bien voila. On est en plein dedans. La culture de masse nous fabrique nos idéaux esthétiques et comportementaux, et même si ça ne fait pas beaucoup parler, il me semble qu’au passage, plutôt que d’affirmer l’autonomie et l’indépendance face au sexe masculin pour lesquels beaucoup de « luttes » ont eu lieu, l’industrie du cinéma et de la publicité exhibent clairement des femmes objets, exprimant suffisamment avec leur corps et leur attitude sexe pour que personne ne puisse supposer qu’elles aient autre chose à proposer.

Je ne vous parle même pas de toute la supercherie des retouches constantes sur ces idéaux, dont, lorsque l’on écoute les conversations ça et là, ne semble pas si flagrante que l’on pourrait le croire.

Sur ce, bonne lobotomie à vous tous !





Comment ça il pue mon blog ?

20 07 2009

Talks

-    Ouais je voulais te dire quand même, ton blog il est sympa hein, parfois c’est marrant et tout, mais bon, t’en as pas plein le cul de cracher toujours sur tout ?

-    Bah, attends là, je fais pas ça par plaisir, je m’inspire de trucs réels et j’essaie de mettre en avant de sérieux problèmes !

-    Si tu veux, je suis d’accord mais bon, tu donnes vachement l’image du mec manichéen, qui voit toujours tout sous un sale aspect, à tel point que tous les éléments positifs lui passent sous le nez. Tu vois ce que je veux dire ?

-    Ouais, t’es en train de subtilement me dire que je suis un peine à jouir…

-    Mais non pas du tout ! Je dis simplement qu’à force de te focaliser sur les problèmes, t’oublies un peu de parler des trucs cools !

-    De trucs cool… Tu veux que je parle de quoi exactement ? Les fringues et la mode qui part en vrille ? Du soleil estival bizarre à cause des dérèglements climatiques ? Du paradoxe des vacances qui parfois poussent plus à la déprime qu’à la détente ? De l’invasion touristique que j’exècre ? JE VOIS PAS DE TRUCS COOL !!!!

-    Je sais pas moi… Attends…Tiens ! La sérénité de la campagne, non ?

-    Mouais…

-    Ou alors le plaisir de se trouver sur une plage quasi déserte, et de se bouffer plein d’air iodé dans la tronche !

-    Ah ouais ! C’est vrai que c’est cool ça…

-    Et sans parler de la musique mec ! Quand même ! Tout ce que t’aimes ! Les Beatles, les Doors, Jefferson Airplane ! Le reggae ! Le Dub ! L’électro !!

-    Putain ouais…. Et puis bon tout l’idéologie super positive des sixties quoi… J’avoue…

-    Bah tu vois ! T’es pas du tout peine à jouir !

-    Je sais pas, quelque part je me dis que ce genre de choses, tout le monde s’en fout. Les problèmes de société ont au moins le mérite de toucher pas mal de gens, et une parcelle d’individus ne se rend pas forcément compte de la perversité de certains mécanismes et tout…

-    Boah, dis toi qu’une plus grosse parcelle d’individus ne connait pas nécessairement tout un tas de découvertes cools que tu as faite, et que partager du plaisir, c’est super important ! Quelque part, ça permet à tout le monde d’aller mieux, et dans l’absolu (je dis ça mais en fait j’en sais rien haha !), c’est peut-être plus utile pour faire changer les choses que de rappeler à tout le monde à quel point c’est la merde partout. Tu trouves pas ?

-    Hum…HUM….Ouais peut-être…

-    Haha, j’ai semé le doute en toi ! Du coup tu vas essayer ? Ça vaut le coup, et puis bon au moins, t’apprendras enfin à écrire des trucs qu’un dépressif pourra lire sans risque de suicide.

-    Salaud ! J’ai quand même écris des trucs sympa ! N…non ?

-    Bah si mais bon, c’était pas non plus l’extase quoi ! Essaie de te marrer un peu plus quand t’écris ! Qu’on ne fasse pas une image de gros con aigri en te lisant !

-    C’est moi qui risque de me suicider là tu sais…

-    Mais non mais non, je plaisante ! Je te STIMULE mon pote !

Ça pour me stimuler, il m’a stimulé…

*Part se pendre*





Trust no one, trust Money

20 07 2009

MONEY O_OJ’ai beau ne pas être du tout fan de Renaud, j’ai quand même envie de chanter avec lui « société tu m’auras pas ».

J’ai récemment recherché, conjointement avec une charmante demoiselle, un appartement dans lequel m’installer. Et je dois bien l’admettre, que ce soit les agences immobilières particulièrement vénales, ou encore les propriétaires paranoïaques qui ne comprennent que l’argent, personne n’a su, dans ce cas de figure bien particulier, redorer l’image que j’avais de la société actuelle.

Il faut se rendre à l’évidence, actuellement, dès qu’il s’agit de faire spontanément confiance aux autres, plus personne n’est là. Ce qui parle, c’est l’argent, le fric, la thune, l’oseille, les biffetons, et tous les autres synonymes qui ne signifient rien d’autre que le pognon.

Pour ne mentionner aucune personne morale, l’agence Foncia m’a particulièrement filé la gerbe, avec sa constitution d’un dossier de fou furieux visant à examiner les potentiels locataires.
Si vous êtes étudiants, et donc par définition sans le moindre revenu satisfaisant, vous êtes un être insignifiant qui n’inspire rien d’autre que le mépris, et très souvent la méfiance schizophrénique. Du coup, les cautions doivent être sévèrement évaluées afin, pour l’agence, de s’assurer le versement des paiements réguliers des loyers.
Normal, me direz-vous, les agences immobilières n’ayant rien de caritatif. Ok, d’accord, je veux bien, mais faut pas non plus se foutre de la gueule du monde.

Petit exemple particulièrement choquant, les photocopies des cartes grises des véhicules comme élément de pression en cas de non paiement des honoraires et/ou loyers. En gros, si un versement n’est pas possible, l’agence s’empresse de prévenir son staff de juristes véreux (huk huk huk !), composé bien évidemment d’huissiers, pour procéder à la saisie potentielle des véhicules. Charmant, n’est ce pas ?…

Bref, actuellement, dans ce contexte de crise, d’incertitude, mis à part certains organismes (le monde n’est pas encore totalement perverti non plus), plus personne ne sait accorder sa confiance, et pire encore, tout le monde anticipe bien avant le moindre problème des solutions abusives pour exercer une pression constante sur nous, pauvres citoyens honnêtes.

Depuis quand doit-on se sentir fabuleusement redevable de la tolérance d’une agence immobilière, qui aura daigné considérer notre candidature, et comble du luxe, peut-être l’accepter ? Depuis quand doit-on faire des courbettes et accepter l’intolérable pour obtenir satisfaction ?

Après mûre réflexion, nous avons décidé de dire à Foncia d’aller se faire foutre, ce qui n’a pas plu à la responsable commerciale que nous avons rencontré. Loin d’être outrée, elle ne comprenait tout simplement pas les raisons nous poussant à remettre sérieusement en question leur « protocole classique ». Curieux non ?
Et dès que l’on commençait à lui parler d’abus, il lui suffisait de nous répondre dans un ton surchargé d’humilité : « mais monsieur, je ne suis qu’une commerciale ».
Evidemment, loin de moi l’idée de l’accuser de tous les maux du monde, mais tout de même, lorsque l’on fait parti d’un organisme, n’est-il pas mieux de se sentir en phase avec sa façon de procéder, plutôt que penser « je sais, c’est dégueulasse, mais faut bien que je bouffe alors je contribue à la perversion progressive du système ».

Enfin ce n’est pas nouveau, ni même surprenant : désormais, mieux vaut travailler dans des conditions atroces et faire un boulot ingrat plutôt que de ne pas travailler du tout. C’est juste désolant. Je continue, avec d’autres fidèles, à espérer un monde plus humain, ou la jugeote des hommes et des femmes influera sur leurs carrières et améliorera les choses.

Je sais, je sais, ce n’est pas pour tout de suite…





2000 visites !

9 07 2009

TWOVoila, ça y est ! Deux mille visiteurs sont passés par ici.

Bon ok, vous pouvez vous dire à juste titre que la plupart sont arrivés par hasard en tombant sur mes tags “youporn” ou “facebook” mais bon… Mine de rien, c’est un bien joli chiffre pour un blog inconsistant et sans la moindre thématique réelle. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’en tire une certaine fierté, loin de là, mais j’espère quand même que dans le lot, certains auront  apprécié leurs lectures. Parfois j’ai mis de la volonté dans l’écriture de mes textes imparfaits !

Bref, je vais essayer de faire un petit nettoyage de printemps avec ce blog, de virer la poussière, de cirer le parquet histoire qu’il paraisse plus..hum…dynamique qu’auparavant. Cela ne devrait pas être trop difficile me direz-vous.

Je m’inspirerai de l’intarissable énergie dégagée par San Goku et sa clique quand il s’agit de bastonner de l’alien ou du démon cruel. Après tout, ce genre de motivation doit bien s’appliquer aussi avec l’écriture, pas seulement avec les pompes et les kaméhaméha…. Si ?

Dragon Ball Kai m’a fait replonger dans les bastons anthologiques que j’avais adoré quand j’étais gosse, c’est mauvais, j’ai passé l’âge de me croire super saiyan …

Merci à tous en tout cas pour vos visites, et bonnes vacances =}





Sea, Sex & Sun

1 07 2009

SummertimeL’été est un grand paradoxe pour les jeunes que nous sommes. Parfois ensoleillé et agréable, il sait aussi être sombre et déprimant. Parfois festif et insouciant, il sait aussi être sérieux et professionnel. Que l’on réussisse ou non nos examens, que l’on souhaite ou que l’on ose travailler, beaucoup de facteurs font que la vision que l’on aura de cette période pourra varier du tout au tout.

Sans même aborder ces précédentes variables, selon ce que nous sommes et ce que nous aimons faire, l’été changera de signification. Le geek y verra certainement l’occasion tant espérée de s’épuiser devant son ordinateur ou sa télé, face à un nombre croissant de jeux vidéos ; l’otaku lui, y verra l’opportunité immanquable de parfaire sa culture japanime, de dévorer compulsivement mangas et animes en tout genre, faisant fi des préjugés et des genres, puisque de toute façon il a le temps. L’animal social pourra se gaver de contact humain jusqu’à en avoir la nausée, tandis que l’introverti lui souffrira de son mal plus qu’à n’importe quelle autre période de l’année.

L’été, c’est aussi une question de cadre. Si pour les citadins, l’été implique la plage, la côte, le camping,  les glaces, les crêpes, les méduses pour toute la famille (ces chaussures horribles…), les débardeurs imbibés de sueurs, de sel et de sable, il n’en est pas de même pour l’habitant du bord de mer. Pour ce dernier, l’été ne signifie finalement que bien peu de choses : du chaud, des touristes et des fêtes commerciales organisées par une municipalité aux valeurs on ne peut plus désuètes, et aux intérêts on ne peut plus vénaux.

Pour certains aussi, l’été, c’est l’esprit drague et boîtes de nuit, dans lesquelles tout le monde se colle et se frotte en écoutant les tubes des années 80… Pour certaines aussi, l’été, c’est le moment où l’on doit faire attention à tout. Il faut une ligne parfaite, le maillot de bain parfait, les lunettes parfaites, le packaging de la midinette fashion complet. Il est intéressant de noter que les miasmes de la société machiste dans laquelle nous vivions il y a encore peu m’ont fait cibler cette attitude sur les femmes. Certes, on le remarque peut-être davantage de leur côté, mais permettez moi de corriger immédiatement l’erreur : il existe aussi de nombreux hommes cherchant le packaging de gossbo pour chauffer dla meuf. Et souvent, il est amusant de le constater, les femmes savent bien mieux mettre en avant leurs qualités que les hommes, qui se targuent d’être des dragueurs hors pairs en jouant d’un pseudo excès de confiance en soi. Cela mène généralement à des situations particulièrement risibles. Pour certains donc, l’été serait la saison des humiliations ?

Bref, l’été, chacun le conceptualise comme il veut. Le regard sociologique de Durkheim lui fit dire qu’à cette saison, en campagne, le taux de suicide était plus faible qu’en hiver. Le regard lubrique de certains leur fera dire qu’à cette saison, on peut plus fixer discrètement ce qui nous attire qu’aux autres saisons. Le regard poétique poussera à regretter amèrement le printemps, et ne parviendra pas à s’extasier devant les décolletés massifs et les morceaux de cellulite ondulant au rythme du pas. Pour les enfants, l’été c’est le club mickey et pour les ados, c’est la grande poussée hormonale et le soleil qui brule l’acné. Au final, l’été, parfois, ça a vraiment l’air dégueulasse.





M-J

26 05 2009

weedLes yeux fermés, je suis allongé. Concentré sur tout ce qui m’entoure, je me laisse péniblement sombrer dans une étrange léthargie. Ma respiration, calme et lancinante, m’aide à me détendre. Je finis par apprécier, après ma longue journée, ce doux moment d’inactivité. Puis, au rythme de la fumée entrant puis sortant de mon corps, bercé par la musique, tout commença à se transformer, sans pour autant rompre avec le réel.

La construction de mes pensées se fit plus floue, plus spontanée, et je me surpris à contempler mon imaginaire comme s’il ne m’appartenait pas, ou du moins comme si je n’en étais pas l’auteur. Des idées vinrent ponctuellement, puis repartirent sans que je puisse leur donner un nom. Il m’arriva parfois de sentir mon cœur palpiter, et mon esprit subir une légère oppression. Avant même de chercher à fuir ces désagréments, je m’étonnai à chaque fois de les sentir s’éloigner puis disparaitre, pour me laisser plonger encore plus loin dans mon introspection.

Après avoir observé mon esprit penser par lui-même, je me mis à ressentir avec une intensité sans commune mesure chaque membre composant mon corps. De l’extrémité de mes mains à la plus infime parcelle de mon torse et de mon dos, je me laissais errer, redécouvrant à chaque instant la finition absolue de l’homme et de son organisme.

Puis, alors qu’elle me berçait, parfaitement mêlée à mes songes, la musique prit plus d’ampleur, plus de force. Je reconnus alors la sonate pour piano n°14 de Beethoven, et quittant mon corps, je plongeais désormais dans un univers où la musique prend des formes et des significations que l’on n’aurait su lui soupçonner.

A ce moment là, il m’était difficile de formuler clairement mes pensées. Elles n’étaient alors qu’un amas d’images, de perceptions et de ressentis. Je crus comprendre un court instant quel genre d’homme pouvait être en mesure de composer de tels chef-d’œuvre, quelle sensibilité exacerbée et quelle grandeur d’âme qu’il fallait posséder. La mélancolie du morceau associée au ton grave du piano parvint à exacerber mes émotions, si durement contrôlées le reste du temps. Pendant un court instant, je ressentis le besoin crucial de me laisser aller au chagrin que me suggérait la musique. Je n’hésitais pas.

Je sentis rapidement ma gorge se serrer, puis une larme couler lentement le long de mon visage. Peu m’importais, j’étais seul dans ma chambre, allongé sur mon lit. Je n’ouvrais toujours pas les yeux. La beauté de la mélodie me frappa comme si c’était les premières notes de musique que j’entendais. La tristesse de l’air faisait écho à ma propre condition. J’eus l’impression, alors que je suis plutôt heureux, d’être une personne sombre, opprimée par la vie et par les choix qu’elle lui impose. Puis brusquement, et même brutalement, la surcharge d’émotions disparue aussi vite qu’elle était apparue, et je retournai dans mes songes, leur donnant un thème, pour ensuite laisser mon esprit puiser dans sa mémoire et dans ses idées.

Je revis certaines scènes de mon enfance ; le genre de scènes ou de situations qui, malgré les années, n’ont pas perdu en force. Ce fut des humiliations, des peurs et d’autres sentiments forts marquants lorsqu’on les découvre pour la première fois. Je me revis appréhender de tenir la main de ma première petite amie, je me revis subissant les railleries de ma classe et je revis certaines disputes familiales. Cependant, alors que je me remémorai parfaitement mon état d’esprit au moment où ces évènements se produisirent, je parvenais à m’extirper de leurs contextes pour les juger d’une manière on ne peut plus pragmatique. Je parvenais, d’une étrange manière, à contempler ma propre vie comme celle d’un autre, et à supprimer une part importante de subjectivité pour effleurer une réelle opinion sur mes choix et mon parcours.
Qu’il est étrange, me suis-je alors dit, de contempler son propre passé, se remémorant nos sentiments tout en le jugeant de manière platonique. Je n’éprouvai ni haine pour mes oppresseurs, ni amour ou amitié pour ceux que j’aimais et appréciais. Je les voyais, c’est tout. Je les observai du mieux que je le pouvais, cherchant à déceler en eux les qualités qui les rendirent proches de moi, et les défauts qui les éloignèrent. Je cherchai aussi à savoir comment me serai-je vu, si je croisais demain le petit enfant que je fus. J’eux la triste impression d’être insipide à mes propres yeux.

Je revins légèrement à la réalité, sortant de la torpeur dans laquelle je m’étais mise. J’ouvrais les yeux. La musique continuait, toujours aussi plaisante. Dans mes mains, une forme conique, allongée, avec un important amas de cendres à l’extrémité. Je me rapprochai du cendrier pour la chasser, et me saisissais de mon briquet pour rallumer le tout. Je n’en étais pas encore à la moitié, on ne m’avait pas menti, cette herbe était particulièrement forte et spirituelle.

Je ne compris pas, à ce moment là, pourquoi il était illégal d’en posséder, ou d’en consommer. Jamais l’alcool ne me permit d’être transporté à ce point, avec tant de douceur, de délicatesse et de volupté. J’avalais à nouveau la fumée, cette fois-ci avec un plaisir que je n’aurai su cacher. Les yeux fermés, je me laissais tomber sur mes oreillers, heureux et en paix.





Grève

4 04 2009

IgnoringTheTeachersHuit semaines s’écoulèrent, pour les étudiants de lettres et sciences humaines de Nantes, au cours desquelles un mouvement revendicatif d’ampleur vit sa naissance flamboyante, son maintien précaire et sa déchéance pathétique.
Une énergie commune propulsa nos revendications plus haut que prévu, pendant plus longtemps que prévu, jusqu’à ce que beaucoup se lassent du jeu, et réclament autre chose ; cette autre chose entrainant inexorablement la fin du mouvement.

Nous, pauvres spectateurs sans pouvoirs face à la masse étudiante, nous avons tout observé, et nous n’avons jamais compris. Encore maintenant, personne autour de nous ne comprend.
Les assemblées générales, réunissant toujours entre deux et trois mille étudiants, devenaient progressivement une sorte d’arène dans laquelle des groupes idéologiques s’affrontaient, non pas dans le cadre des revendications, mais plutôt dans une optique manichéenne de toujours constater un groupe de gagnants et un groupe de perdants. Il fallait diviser les étudiants.

Au sein de ce mouvement, les luttes internes se sont multipliées. Certains criaient qu’ils se moquaient de tout et de tous, et qu’ils n’attendaient qu’une chose : revenir en cours, revenir étudier. Etait-ce pour l’amour des études ? Non, généralement. Etait-ce pour s’opposer aux idéaux socialistes des syndicats et  du bureau étudiants ? Oui, généralement.
On ne sait pas trop pourquoi. Ces gens-là, s’ils avaient des opinions politiques, n’en ont jamais fait réellement part. Ils s’offraient, à nos yeux, un simple défouloir en crachant sur ce qui nous avait tous réunis auparavant. Certains semblaient prendre énormément de plaisir à être insultants, voir dégradants.

Ainsi, au final, le groupe des gagnants devint une sorte de coalition chaotique d’étudiants souhaitant viscéralement la fin du mouvement. Alors que leurs semblables défilaient durant les tours de paroles, expliquant que, malgré leur volonté de reprendre les cours, ils avaient saisis l’enjeu des revendications et leur importance cruciale pour le monde universitaire, au point de souhaiter la reconduction des grèves et blocus, les gagnants parlaient de leur dernier week-end arrosé, ou alors se moquaient éperdument des autres. Certains jouaient sur leur téléphone portable, d’autres préféraient emporter un petit jeu de carte et il y en avait même qui préféraient tout simplement dormir dans leur coin.

Tout ceci jusqu’à ce que, quatre heures plus tard, une voix retentit qu’il était temps de voter la reconduction (ou non) du blocus étudiant. D’un coup, et ce à chaque fois, l’attention de la salle décuplait. Le silence se faisait de plomb, et tous se préparaient à lever bien haut leur main, ou leur petit papier jaune. Finalement, le principe même de l’AG, où l’on écoute les avis des uns et des autres, où l’on peut prendre le temps de peaufiner sa décision, d’adopter différents points de vue, disparaissait en un clin d’œil. Chacun était déjà convaincu avant même d’arriver, et prenait son mal en patience jusqu’au vote ultime.

Une attitude risible, de mon point de vue. Et pourtant, nous dûmes tous nous plier aux lois de la démocratie, même si le « camp » adverse nous le rendait mal.
Alors que les partisans de la grève prirent toujours en compte les angoisses de ceux qui étaient inquiets pour leur avenir, et les désirs de ceux souhaitant la reprise des cours, ces derniers se comportèrent comme une bande d’ados en manque de sensations. Ils insultèrent les membres du bureau, ne prirent aucun temps pour les écouter. Ce n’était rien d’autre que de l’irrespect comme je n’en avais jamais vu.

On imagine les universitaires comme une bande de socialistes révoltés, admirateurs de 68 et enragés face à l’Etat, mais il n’en est rien.

Aujourd’hui, les étudiants sont juste cons.





Being a comedian makes sense

8 03 2009

pain_iv_lonelyness_by_coolangelJe suis si jeune et si inconscient que je n’arrive pas encore à voir se dessiner les conséquences de mes actes. J’expérimente la vie, les relations amicales, les relations amoureuses.
Dans mon collège, c’est une sorte de loi de la jungle. Etrange, me disais-je à l’époque, pour un lycée de province. Il y avait des bad boys d’un côté, sombres, menaçants ; et de l’autre il y avait tous les autres, dont tout le monde se fichait. Les premiers étaient respectés parce qu’on ne savait jamais jusqu’où ils iraient, et très franchement je pense que personne ne voulait le savoir.
Un jour, je m’en souviens encore, l’un d’entre eux est rentré dans la cour sur sa moto, complètement saoul. Il longeait les salles de cours et les halls, cherchant à provoquer tous les profs et élèves qu’il croisait. Puis, lorsque le vieux principal grincheux sortit avec un appareil photo, le jeune rebelle pris la fuite…qui ne fut que de courte durée. Arrivé hors du collège, au dessus d’une haie soigneusement taillée, nous vîmes le sommet d’un arbre en pleine croissance osciller de gauche à droite pendant de longues secondes. Le chauffard avait tout simplement foncé dessus.
C’était donc dans une atmosphère tendue que mes années collège se déroulèrent. Il y avait ceux à ne pas bousculer, ceux qu’il ne fallait même pas croiser du regard, et ils nous faisaient peur. Nous restions donc entre nous, entre normaux ou entre anodins, en quelque sorte. Au moins, ensemble, nous ne craignions rien.
Mais à cet âge, où l’on cherche à se positionner, rien n’est jamais si simple, et personne ne se satisfait d’être quelqu’un de normal ou d’anodin. Alors, avec quelques autres, nous avons cherché à ne plus être comme tout le monde. Pour beaucoup peu sûrs de notre force physique, nous prîmes le parti de l’humour, ou du moins de l’humiliation. En somme, nous occupions le domaine dans lequel les gros bras n’avaient absolument aucun talent.

Mais avant d’être respecté, avant d’être considéré par les autres comme des collégiens dominants – appelons ça ainsi -, il fallait se former un groupe de soumis. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes focalisés sur les plus faibles, les plus asociaux et les plus détestés.
Parmi tout ce petit monde, ma cible de prédilection était un collégien chétif, effrayé par tout et n’importe quoi, qui ne cherchait qu’à se faire oublier des autres. C’était à l’époque une cible de rêve.

Tous les matins, tous les midis et tous les soirs, je pris pour habitude de persécuter gentiment ce camarade. Nous commencions toujours de la même manière. Il se fermait à tout et se persuadait que j’abandonnerais, et là je me mettais à lui donner quelques coups de poings sans force dans l’épaule, afin de l’obliger à réagir. Puis, dès qu’il se mettait à parler, je cherchais toutes les opportunités de le ridiculiser, de lui faire de la peine. Je cherchais désespérément la certitude d’avoir du pouvoir sur lui, mon si précieux cobaye, tandis que lui cherchait désespérément la certitude qu’il avait son mot à dire. J’avais encore à l’époque suffisamment de motivations de d’esprit de compétition pour ne pas lâcher prise le premier. Et ce fut à force d’obstination que je brisai mon adversaire, quelques semaines plus tard.

La fois de trop, je m’en souviens encore très bien, se produisit un après-midi comme tous les autres, à l’exception prêt que je savais désormais que j’avais du pouvoir sur quelqu’un. Ce jour-là, mon bouc-émissaire passa trop prêt de moi, alors que j’étais occupé à divertir quelques jolies camarades de classe. L’occasion était trop bonne, me dis-je, et je la saisis sans trop réfléchir aux conséquences. Pour la première fois, j’animais une humiliation publique, et je rencontrai un succès fantastique. Mes espiègleries fonctionnaient bien, car tout le monde se moquait strictement de ce que pouvait ressentir ma pauvre victime, concentrée à maintenir une forme crédible d’impassibilité. Mes amies riaient à la fois si longtemps et si fort qu’il décida de s’enfuir en courant, sa haine s’était transformée en désespoir. Ca y est, j’avais réussi, j’avais dominé quelqu’un sans faire usage de force, sans être menaçant ; je n’avais fait qu’employer à son égard des mots dégradants, je n’avais fait que ternir son image, affecter son égo, altérer la vision que les autres avaient de lui. Pourtant, rien n’avait changé, il était toujours le même, moi aussi, les autres aussi. J’étais fasciné par cette force qui, à l’instant, me paru sans limite.

Quelques minutes plus tard, alors que je ne m’en souciais pas, on vint me tenir au courant de l’état de ma victime. Une de mes spectatrices l’avait suivi ; il était visiblement enfoui dans un tas de sacs, le visage en larmes. On me dit que je devais y aller, que c’était de ma faute. Je ne compris pas.
En quoi étais-je responsable de la fragilité psychologique d’une personne dont je me moque totalement ? C’était aberrant. Mais à cette époque, les filles ont un pouvoir fou sur l’homme, et j’obéis de peur de me les mettre à dos. J’obéis à contrecœur et parti le chercher.

Je m’approchai doucement de lui, effectivement vautré sur un tas de sacs.
Que dire ? Finalement, je ne le connaissais pas ; je passais juste mon temps à le persécuter, sans jamais m’être intéressé à quoi que ce soit de lui. Je m’accroupis et me retrouvai à son niveau. Je tentai d’accrocher son regard mais il le fuyait de toutes ses forces. Alors je fis ce qui me vint tout naturellement.

« Excuse-moi, je voulais pas te faire de peine. »

« C’est bon, c’est bon…. »

Il avait prononcé ces mots en luttant pour maintenir son sérieux. Je le sentais à deux doigts de fondre en larme, et personne n’a envie de s’effondrer devant la personne qu’il déteste le plus.
Je le laissai, car j’avais compris, bien trop tard, les conséquences de mes actes. Je compris que je pouvais le détruire totalement, et à cet instant précis, le petit enfant qui avait peur des autres que j’avais été me détestait. Je connus un sentiment ambivalent que je n’avais jamais ressentis, et j’étais rongé par la culpabilité.

Ce fut un tournant, je pense, dans mon existence. Ce jour-là, si j’avais opté pour continuer, si j’avais nié toute compassion, toute humanité et tout respect pour les autres, j’aurais pu finir mon travail, atteindre le statut de ceux que l’on craint, et ne plus jamais avoir peur.
Mais le prix à payer était trop élevé, et je savais, ou plutôt je sentais viscéralement que ce n’était pas la solution.

Cette victime, à laquelle j’avais laissé son amour-propre, je décidais d’en apprendre plus sur lui. Il était arrivé dans ma classe en début d’année, personne ne le connaissait vraiment. Il revenait d’une petite ville de bord de mer, une station balnéaire pour touristes. Là-bas visiblement, la vie n’avait pas été facile pour lui. Il était arrivé ici avec l’espoir de faire d’autres rencontres, et de pouvoir davantage s’intégrer.
Tout ceci, ce fut lui, quelques mois plus tard, qui me le racontai. J’avais découvert en ce personnage toute une dimension fragile que j’avais moi-même connu un peu plus tôt. J’avais eu la force de lutter, mais lui ne l’avait plus. Je ne pense pas l’avoir pris sous mon aile ni quoi que ce soit, mais le fait est que, très rapidement, nous devînmes d’excellents amis, des compagnons inséparables. Et alors que j’avais failli lui confirmer son horrible vision du monde, alors que j’avais failli briser ses dernières espérances, c’est au final son intégrité et sa vision des choses qui me changèrent radicalement.

Je n’ai plus jamais cherché à faire du mal à qui que ce soit, quand bien même certains tentèrent de m’en faire. Enfin, il y eut une exception…