Saez : le dépressif un peu niais mais sympa quand même
2 05 2008
Beaucoup doivent déjà le savoir, Damien Saez a sorti récemment son nouveau triple album, après quatre longues années d’absence, durant lesquels il ne m’a pas particulièrement manqué, étant donné que je le découvre aujourd’hui, avec Varsovie, Paris et Alhambra.
La première chose que j’ai envie de dire, c’est que le bougre a des fans qui l’admirent, et parfois lui vouent un culte. C’est assez saisissant de lire de jeunes admirateurs le comparer sans pudeur à des grands chanteurs français comme Jacques Brel ou même Serge Gainsbourg.
D’ailleurs je ne leur en tiens pas rigueur, car lorsqu’on lit leurs avis, on sent viscéralement qu’ils fusionneraient leurs existences avec celle de leur idole s’ils le pouvaient. Du coup ça devient vachement plus drôle, mais beaucoup moins objectif.
Enfin voila, il est jeune, il a de bonnes idées, et il propose trois albums acoustiques aux instrumentations classiques, mais pas désagréables pour autant. Là où le désagrément se fait sentir, en fait, c’est lorsqu’il chante. Selon moi, Saez s’en sortirait largement mieux en ne faisant qu’écrire et en ne chantant rien. Suis-je le seul à avoir du mal avec les chanteurs “nez-bouchés” ?
Avouez, Raphaël aussi, c’est pas si agréable à écouter que ça, d’autant plus que lui, il n’a que son physique bizarre pour séduire, car ses textes sont aussi vides que mon compte en banque (et je suis fauché).
Heureusement, notre cher Saez sait manier la langue française d’une manière conceptuelle, qui donne une emprunte assez unique à ses œuvres. Enfin là, je parle surtout de l’album Paris, considérés partout et par tous comme le plus accessible et le moins intimiste des trois. Les deux autres sont….Eh bien ils sont très étranges. L’ambiance est bonne, mais la voix est atroce et les paroles…Mon dieu, les paroles. Certaines sont une horreur.
Mais je sais que sans argumentation, le reproche devient médisance. Alors pour vous, voici un petit extrait des paroles sensationnelles de l’Alhmbra.
[...] Et des robes en couleurs,
Non pitié pas de noir,
J’ai toujours eu peur du noir,
Je préfère la lumière,
D’ailleurs quand j’étais enfant,
Je dormais la porte ouverte,
De peur que les bandits,
Passent par la fenêtre,
Pour me voler maman [...]
Ces paroles, hautement recherchées, proviennent de la Chanson pour mon enterrement, premier morceau de l’album. Avouez, ça donne envie.
Je termine tout de même sur une note positive : certains morceaux comme Jeunesse lève-toi, ou Putain vous m’aurez plus, possèdent une atmosphère très vivante et mine de rien, sont plus touchants que beaucoup d’autres.
Au final, beaucoup de paroles niaises, mièvres ou déplacées, mais un chanteur sympa quand même, qui parvient à réaliser quelques bonnes compositions.
Scalix