L’apéritif en photo

27 07 2008

Eh oui, c’est l’été, et comme tout est plus beau lorsqu’il y a du soleil, j’ai décidé de faire quelques photos d’apéritifs ensoleillés.

Je n’ai bien sûr jamais eu la prétention d’être un bon photographe, mais j’aime régulièrement trouver de nouvelles idées, et m’amuse à exploiter au maximum mes modestes capacités. Vous pourrez donc constater que je me suis bien amusé avec l’option macro de mon appareil, et bien entendu aussi avec un certains logiciel de retouche (probablement pas celui que vous imaginez), afin d’améliorer la luminosité et les contrates de mes photos. Une méthode basique, certes, mais efficace tout de même pour le néophyte que je suis. C’est la première fois que, plutôt qu’une image concept trouvée sur Devianart ou je ne sais quoi, j’opte pour des photographies dont je suis l’auteur. En espérant votre indulgence, à bientôt pour de prochaines images sympas.





L’esprit façonne le monde

26 07 2008

N’avez-vous jamais eu cette étrange sensation de ne pas comprendre pourquoi l’on s’oppose à votre logique ? Lorsque l’on raisonne, puisqu’il s’agît finalement de cela, sur une notion ou sur un concept, et que l’on radicalise son opinion, que l’on fait face objectivement à tous les cas de figure, un à un, il nous semble alors parfois que nous détenons une vérité unique et incontournable, que personne ne saurait contredire.
Or, finalement, malgré cet effort de pragmatisme, il existe toujours quelqu’un pour s’opposer à nos conceptions. Ce constat m’a mené en toute logique à une question à la fois simple et complexe : pourquoi ?
Pourquoi l’Homme n’est-il pas en mesure d’établir par lui-même ce qui est vrai, et ce qui ne l’est pas ? Pourquoi ces notions, malgré toute notre volonté de justesse, demeurent irrémédiablement subjectives, voire imperméables à certains individus ?

J’en suis venu à une étrange conclusion que je ne saurai garder pour moi, tant elle me semble encore précaire et incertaine. L’esprit de l’homme est certes construit par son environnement, mais son mode de fonctionnement, son système d’analyse et de compréhension du monde et de ses concepts, lui, n’est pas un produit offert par la société. Il se façonne en nous, par nous, et nous seuls.
J’ai alors décidé non plus de me concentrer sur ce que les gens pensent ou veulent prouver, mais plutôt sur leur manière de procéder afin d’arriver à leur conclusion.
La principale distinction m’ayant été visible vous apparaitra probablement évidente ; elle concerne les individus dit « ouvert d’esprit », et les individus pragmatiques.

Qu’est ce que l’ouverture d’esprit après tout ?
D’après Gilles Guerin, philosophe, l’ouverture d’esprit semble correspondre, dans sa définition incomplète, à  « l’élargissement du champ de compréhension », ou encore dans le fait « d’avoir la capacité d’accepter un certain nombre de choses par « l’humanité » ».
Mes propres raisonnements, bien qu’une fois de plus précaires, m’ont permis de rejoindre totalement ce point de vue. L’ouverture d’esprit se caractérise donc, avant tout et essentiellement, par la capacité d’un individu à sortir de ses propres schémas de raisonnement, pour entrevoir ceux de personnes ne fonctionnant différemment de lui.
Gilles Guerin parle ici de « tolérance maximum ». Il s’agit donc de comprendre et d’accepter des comportements et des individus qui pourtant fonctionneraient de manière irrationnelle si nous ne nous basons que sur notre propre logique.

L’individu pragmatique fonctionne d’une manière totalement différente. Pour lui, son raisonnement ne s’appuie que sur la logique, qui est à la base de tout dans notre monde. En radicalisant l’attitude de l’individu pragmatique, on en arrive au constat que tout autre mode de raisonnement lui apparait comme irrationnel ou incompréhensible, car au-delà de la logique, plus rien n’est cohérant, et sans cohérence plus rien n’a de sens.
L’absence de logique semble donc être un facteur déstabilisant chez ces individus, ce qui justifie donc leur refus catégorique de quitter leur propre logique pour comprendre les motivations et actes des autres individus.

Car si une chose est certaine, c’est bien que l’espèce humaine ne fonctionne pas, dans sa globalité, de manière pragmatique et réfléchie. Les émotions et les sentiments sont d’une certaine manière l’antinomie pure et parfaite de la logique.
Voila donc mon premier constat, probablement incomplet, visant à établir une argumentation logique me permettant de justifier les désaccords et mésententes entre personnes pourtant douées d’une incontestable intelligence.

L’individu pragmatique, aussi brillant soit-il, est condamné par nature, pour ainsi dire, à n’entrevoir qu’une infime partie des possibilités des raisonnements, quasiment infinis, que l’humanité est en mesure de produire. Au-delà de ce constat, il est condamné à une forme d’extrémisme, n’étant en mesure que de radicaliser sa propre logique, sans jamais être en mesure de concevoir l’existence d’autres modes de raisonnement.

L’individu ouvert d’esprit, quant à lui, aura toujours la possibilité d’être en désaccord tout en comprenant la logique d’autrui. Cela lui permettra, s’il le souhaite, d’avancer encore et toujours dans une compréhension plus vaste des individus ; possibilité interdite à toute personne pragmatique.





« Dis maman, pourquoi je suis pas un riche héritier ? »

9 07 2008

Ce matin, alors que j’avais encore les paupières lourdes et l’humeur maussade, je suis tombé sur le Nouvel Observateur. Pourtant je ne voulais pas de lui, je voulais juste boire mon chocolat chaud, tranquillement, et me réveiller en douceur. Mais la couverture m’a directement attiré. Le magazine titrait « La France des héritiers », avec en arrière plan l’image d’une jeune femme s’étirant gracieusement à l’avant d’un gros yacht, avec le packaging complet de la néo-princesse (formes élégantes, tenue affriolante, lunettes de soleil démesurées, etc.).

Je mets mon bol dans le micro-onde et commence ma lecture matinale. Et là, j’ai rapidement une montée d’aigreur. En gros, on nous montre pas mal de photos de jeunes, fils et filles de gros entrepreneurs et de haut financiers, tous proches de ma génération, et tous pétés de thunes alors qu’ils n’en foutent pas une de plus que moi. A côté de ces photos qui énervent, des sociologues sont cités, par-ci par-là, nous expliquant qu’aujourd’hui, c’est la fin de l’exception française, des salaires basés sur le mérite et surtout de l’ascenseur social. Désormais, pour s’en sortir, il faut avoir des parents ou des grands-parents qui n’ont pas peur de raquer pour te sortir de la merde, peu importe la quantité d’erreurs que tu risques de commettre. Pour une personne dénuée d’héritage ou de famille richissime vivante, il est pratiquement impossible et inenvisageable de commettre la moindre erreur de ce genre au cours de son existence. Avouez que ça fout les nerfs.

Pire encore, les auteurs de cet article (de qualité, tout de même !) nous abreuvent de photos de mariages et fiançailles entre riches et puissants. C’est assez étrange de voir ce genre de chose, surtout lorsqu’un économiste est cité, affirmant que la différence de niveau de vie entre les riches et les pauvres se rapproche de plus en plus de « la belle époque », à savoir l’Ancien Régime…

…Hum. Une jolie régression au final, non ? Mais ce n’est pas tout. Oh non, ce n’est pas tout.
Un peu plus loin encore, une statistique attire toute mon attention. Voici le passage en question :

« De 1998 à 2006, les revenus des Français ont augmenté de 6% en moyenne. Ceux des 350 000 foyers les plus riches (1% des ménages) ont progressé trois fois plus vite. Et, parmi eux, les 3500 familles les plus fortunées ont vu leurs revenus augmenter de 42% en 8 ans. Sur la seule année 2007, les salaires des patrons du CAC 40 ont gagné 40%. »

Autrement dit, l’équilibre qui fut instauré entre la profession et le salaire vole en éclat, ce qui favorise 1% de la population, et nuit aux 99% restant. Une pensée grisante, de si bon matin.

Alors on se rassure comme on peut, en se disant que ces jeunes privilégiés vivent dans une sphère de luxe qui les aveugle, et que, livrés à eux-mêmes, sans capitaux ni parents pour les encadrer, ils ne valent plus rien. Beaucoup pensent  ainsi, sans réaliser que leur raisonnement n’est fondé que sur la jalousie qu’ils éprouvent à l’égard de ces héritiers.

Il ne reste plus qu’à espérer une période plus équitable, où l’activité principale des fortunés ne sera plus de s’enrichir encore un peu plus, mais de contribuer à l’amélioration de l’humanité. Ah tiens, j’ai du rêver un peu là…





La vie c’est de la merde, mais c’est avant tout la vie.

7 07 2008

Comme il est étrange de constater que plus l’individu va mal, plus son pouvoir de relativiser s’exacerbe, jusqu’à atteindre des paroxysmes que jamais il n’aurait pu envisager auparavant. On dit souvent que l’être humain doit d’abord souffrir afin d’apprécier pleinement les rares moments de bonheur que son existence lui offre. Mais pourquoi donc, nous créatures issues de l’aléatoire, serions-nous condamnées à de potentielles existences indésirables et douloureuses ?

Face à cette injustice flagrante et particulièrement désarmante, notre espèce à mis au point un système assez simple, qui consiste à rechercher perpétuellement, désespérément parfois, la petite note d’optimisme perdue dans un raz de marée de déprime et de douleurs. Mais le positivisme est-il suffisant pour palier à tous les inconvénients injustes et malheureux que nous allons tous traverser au court de nos existences ?

Etrangement, à force de réflexions se voulant logiques et structurées, on en vient à se poser d’étrange questions assez puériles, du genre « et d’abord, pourquoi est ce que je devrais en chier moi, hein ? J’ai rien demandé à personne ! » ; ou encore « j’ai pas envie de devoir me forcer à être heureux toute ma vie ! Je veux l’être spontanément et je veux que l’on soit gentil avec moi ! ».
En effet, personne n’a jamais demandé à vivre dans la souffrance, et pourtant, nombreux sont les courageux luttant perpétuellement pour leur néo-survie, impliquant un semblant de confort matériel et social, en plus de la simple survie alimentaire.
Et c’est au sein des moments les plus exécrables de nos vies, où l’on ne trouve plus rien pour s’accrocher à un optimisme inexistant, que l’on découvre des pensées altruistes et basiques pour se réconforter comme on le peut.

« Au moins, cette vie de merde m’a permis de rencontrer Michelle, ma femme que j’aime plus que tout au monde. »
« Le sourire de mon fils me fait oublier à quel point ma vie est un échec, heureusement que je l’ai avec moi. »
« Au moins, je suis en vie et en bonne santé ! »
« J’aurais pu naître en tant que femme dans un pays islamiste et avoir un frère violent qui refuserait que quelqu’un d’autre que lui ne me touche, mais comme il sait qu’il ne peut pas me toucher il me frappe tout le temps. »

Et ainsi de suite… Notre imagination est sans limite.
S’en suit un protocole quasi logique nous poussant inexorablement à spéculer sur une société humaine où nous n’aurions plus à subir tous ces désagréments. Les plus imaginatifs, probablement, parviennent à établir des systèmes assez stables, et peut-être se disent-ils que si eux y ont pensé, un homme important y pensera lui aussi un jour où l’autre, et changera les choses.

Au final, il est assez simple de réaliser que la vie active est à la source d’un nombre impressionnant de désagréments. L’argent, le travail et le patron sont nos trois préoccupations principales. Derrière, on trouve l’amour, le pouvoir, le relationnel et l’amitié. Retirez tout ceci de nos existences, et nous serions creux comme des vases, mais comblés comme jamais, sans rien pour nous laisser sortir de notre carapace personnelle. Alors elle est pas belle notre vie de merde ?