We’re all stupid sometimes

22 02 2009

Il m’arrive comme à tout le monde, du moins je le suppose, de me poser des questions existentielles auxquelles personne ne serait en mesure de répondre. Tout simplement parce qu’il n’existe pas de réponse, et c’est bien là le problème.

Pourquoi vit-on ? Personne ne le sait. Alors on spécule, on formule des hypothèses, on cherche à rester objectif… Mais au final rien ne change, puisque l’on n’est jamais sûr de rien.
Or, si une chose est sûre, c’est que l’on doit impérativement profiter au maximum du fait d’être en vie. Nous avons une palette de besoins et de désirs qui ne demandent qu’à être assouvis. Tout devient ensuite question de choix, car toutes nos envies ne sont pas nécessairement faciles à satisfaire.

Comment choisir ? Personne ne le sait non plus. Alors chacun opte pour une technique qui lui est propre. Certains vouent leur vie à un seul et unique objectif, qu’ils voudront bien entendu atteindre quel qu’en soit le prix. D’autres préfèrent agir rationnellement, établir une sorte de classement, et procéder étape par étape. Mais on peut aussi trouver des individus qui ne font rien. On en trouve trop même.

Nous vivons une période où l’instantané prime sur tout. Il faut réussir vite, avoir des idées rapidement, écrire vite, être RENTABLE… Or, la pertinence et l’empressement sont à mes yeux deux notions radicalement antinomiques. D’où la léthargie de beaucoup d’entre nous.

Alors quoi faire ? On peut regarder avec dédain ceux qui plongent corps et âmes dans le mode de vie contemporain sans même chercher à le remettre en question, mais cela ne sert à rien si ce n’est à se positionner par rapport aux autres. Et au final, les autres ne comptent pas ; seul le regard que l’on porte sur nous-mêmes possède une réelle importance.
Je vois désormais trop d’aigris, trop d’hommes et de femmes consternés par le monde qui s’exhibe devant eux. Si certains en sont attristés, la plupart ne sont ni plus ni moins que haineux face à la terre entière. On ne les comprend pas plus qu’ils ne comprennent les autres. C’est une forme de rupture irréversible que beaucoup expérimentent actuellement. Ce genre de constat devrait être révoltant.

Mais nous ne sommes plus révoltés. Nous étudions des mondes dans lesquels l’esprit critique était un garde-fou prévenant des déviances et des dérives sociétales ; mais nous en avons perdu l’usage. Les révoltés sont aujourd’hui les parias, tandis que ceux qui jouent le jeu forment petit à petit la future élite.

Bref, nous sommes en vie, et certains se sentent bien, d’autres se sentent mal.
Les jeunes générations, dont je fais partie, ne savent même plus comment procéder. Doit-on faire des études pour changer le monde, ou pour s’intégrer dans l’ordre établi ? Doit-on tout faire pour s’assurer une vie sans grand problème, ou bien doit-on opter pour une vie hédoniste, où le plaisir prime sur tout, où les considérations matérielles sont relayées au second plan ? Toujours les mêmes problématiques, sans jamais de réponses. Alors on se lance, bon gré mal gré. On ne peut rien faire d’autre de toute manière, me dit-on.

Au final, ne doit-on pas vivre pour être heureux ? Alors que faire si le monde est triste ?


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