« Dis maman, pourquoi je suis pas un riche héritier ? »

9 07 2008

Ce matin, alors que j’avais encore les paupières lourdes et l’humeur maussade, je suis tombé sur le Nouvel Observateur. Pourtant je ne voulais pas de lui, je voulais juste boire mon chocolat chaud, tranquillement, et me réveiller en douceur. Mais la couverture m’a directement attiré. Le magazine titrait « La France des héritiers », avec en arrière plan l’image d’une jeune femme s’étirant gracieusement à l’avant d’un gros yacht, avec le packaging complet de la néo-princesse (formes élégantes, tenue affriolante, lunettes de soleil démesurées, etc.).

Je mets mon bol dans le micro-onde et commence ma lecture matinale. Et là, j’ai rapidement une montée d’aigreur. En gros, on nous montre pas mal de photos de jeunes, fils et filles de gros entrepreneurs et de haut financiers, tous proches de ma génération, et tous pétés de thunes alors qu’ils n’en foutent pas une de plus que moi. A côté de ces photos qui énervent, des sociologues sont cités, par-ci par-là, nous expliquant qu’aujourd’hui, c’est la fin de l’exception française, des salaires basés sur le mérite et surtout de l’ascenseur social. Désormais, pour s’en sortir, il faut avoir des parents ou des grands-parents qui n’ont pas peur de raquer pour te sortir de la merde, peu importe la quantité d’erreurs que tu risques de commettre. Pour une personne dénuée d’héritage ou de famille richissime vivante, il est pratiquement impossible et inenvisageable de commettre la moindre erreur de ce genre au cours de son existence. Avouez que ça fout les nerfs.

Pire encore, les auteurs de cet article (de qualité, tout de même !) nous abreuvent de photos de mariages et fiançailles entre riches et puissants. C’est assez étrange de voir ce genre de chose, surtout lorsqu’un économiste est cité, affirmant que la différence de niveau de vie entre les riches et les pauvres se rapproche de plus en plus de « la belle époque », à savoir l’Ancien Régime…

…Hum. Une jolie régression au final, non ? Mais ce n’est pas tout. Oh non, ce n’est pas tout.
Un peu plus loin encore, une statistique attire toute mon attention. Voici le passage en question :

« De 1998 à 2006, les revenus des Français ont augmenté de 6% en moyenne. Ceux des 350 000 foyers les plus riches (1% des ménages) ont progressé trois fois plus vite. Et, parmi eux, les 3500 familles les plus fortunées ont vu leurs revenus augmenter de 42% en 8 ans. Sur la seule année 2007, les salaires des patrons du CAC 40 ont gagné 40%. »

Autrement dit, l’équilibre qui fut instauré entre la profession et le salaire vole en éclat, ce qui favorise 1% de la population, et nuit aux 99% restant. Une pensée grisante, de si bon matin.

Alors on se rassure comme on peut, en se disant que ces jeunes privilégiés vivent dans une sphère de luxe qui les aveugle, et que, livrés à eux-mêmes, sans capitaux ni parents pour les encadrer, ils ne valent plus rien. Beaucoup pensent  ainsi, sans réaliser que leur raisonnement n’est fondé que sur la jalousie qu’ils éprouvent à l’égard de ces héritiers.

Il ne reste plus qu’à espérer une période plus équitable, où l’activité principale des fortunés ne sera plus de s’enrichir encore un peu plus, mais de contribuer à l’amélioration de l’humanité. Ah tiens, j’ai du rêver un peu là…





La vie c’est de la merde, mais c’est avant tout la vie.

7 07 2008

Comme il est étrange de constater que plus l’individu va mal, plus son pouvoir de relativiser s’exacerbe, jusqu’à atteindre des paroxysmes que jamais il n’aurait pu envisager auparavant. On dit souvent que l’être humain doit d’abord souffrir afin d’apprécier pleinement les rares moments de bonheur que son existence lui offre. Mais pourquoi donc, nous créatures issues de l’aléatoire, serions-nous condamnées à de potentielles existences indésirables et douloureuses ?

Face à cette injustice flagrante et particulièrement désarmante, notre espèce à mis au point un système assez simple, qui consiste à rechercher perpétuellement, désespérément parfois, la petite note d’optimisme perdue dans un raz de marée de déprime et de douleurs. Mais le positivisme est-il suffisant pour palier à tous les inconvénients injustes et malheureux que nous allons tous traverser au court de nos existences ?

Etrangement, à force de réflexions se voulant logiques et structurées, on en vient à se poser d’étrange questions assez puériles, du genre « et d’abord, pourquoi est ce que je devrais en chier moi, hein ? J’ai rien demandé à personne ! » ; ou encore « j’ai pas envie de devoir me forcer à être heureux toute ma vie ! Je veux l’être spontanément et je veux que l’on soit gentil avec moi ! ».
En effet, personne n’a jamais demandé à vivre dans la souffrance, et pourtant, nombreux sont les courageux luttant perpétuellement pour leur néo-survie, impliquant un semblant de confort matériel et social, en plus de la simple survie alimentaire.
Et c’est au sein des moments les plus exécrables de nos vies, où l’on ne trouve plus rien pour s’accrocher à un optimisme inexistant, que l’on découvre des pensées altruistes et basiques pour se réconforter comme on le peut.

« Au moins, cette vie de merde m’a permis de rencontrer Michelle, ma femme que j’aime plus que tout au monde. »
« Le sourire de mon fils me fait oublier à quel point ma vie est un échec, heureusement que je l’ai avec moi. »
« Au moins, je suis en vie et en bonne santé ! »
« J’aurais pu naître en tant que femme dans un pays islamiste et avoir un frère violent qui refuserait que quelqu’un d’autre que lui ne me touche, mais comme il sait qu’il ne peut pas me toucher il me frappe tout le temps. »

Et ainsi de suite… Notre imagination est sans limite.
S’en suit un protocole quasi logique nous poussant inexorablement à spéculer sur une société humaine où nous n’aurions plus à subir tous ces désagréments. Les plus imaginatifs, probablement, parviennent à établir des systèmes assez stables, et peut-être se disent-ils que si eux y ont pensé, un homme important y pensera lui aussi un jour où l’autre, et changera les choses.

Au final, il est assez simple de réaliser que la vie active est à la source d’un nombre impressionnant de désagréments. L’argent, le travail et le patron sont nos trois préoccupations principales. Derrière, on trouve l’amour, le pouvoir, le relationnel et l’amitié. Retirez tout ceci de nos existences, et nous serions creux comme des vases, mais comblés comme jamais, sans rien pour nous laisser sortir de notre carapace personnelle. Alors elle est pas belle notre vie de merde ?





Parce qu’il faut toujours justifier le titre d’un blog :

4 05 2008

…So you better just SAY YEAH! =]

Eh oui, il faut toujours savoir saisir avec bon goût et délicatesse l’opportunité de se faire une sorte de pub bizarre, ou du moins de légitimer le titre du blog. Enfin cela ne change rien au fait que mon titre ne veut pas dire grand chose.

Comme le dit si bien le rappeur d’Hocus Pocus, excellent groupe de hip-hop nantais, “c’est juste un esprit positif”. Oh et puis allez, commeje suis sympa, je vous montre leur “vieux” clip qui tue tout =}

Auteur de l’image : kris-wilson

Scalix





Say YEAH!

1 05 2008

Pourquoi ?

Parce que c’est assez optimiste, et parce que j’en avais marre de chercher. Il faudra s’en contenter, mais après tout, ce n’est peut-être pas si mal que ça ?
Du moins, je ne subis pas le déshonneur d’avoir retourné sans dessus dessous mes connaissances cinématographiques pour au final sortir une référence que tout le monde connaît et que personne n’appréciera.

C’est ainsi que nait ce blog, sur lequel j’espère bien me défouler et me faire plaisir. Mais point d’inquiétude, je ne prône pas plus que ça l’écriture narcissique ; j’écris pour ceux qui lisent, et j’espère bien leur faire plaisir à eux aussi ! Quoiqu’il en soit, me voici, avec ma plume et mes idées, à votre humble service. Et sans plus attendre, je me met au travail =]

Scalix